Previet!
Moscou nous tend les bras. Nous chargeons nos valises de parkas, bonnets, gants, bottes fourrées et écharpes (ce qui nous change grandement des shorts débardeurs des Etats-Unis), et prenons notre vol Aeroflot pour Moscou.
Première bonne surprise: Aeroflot, c'est top. Je craignais un peu la liste noire en réservant des billets Paris Moscou Irkoutsk puis Shanghai Paris pour 500 euros seulement, mais rien de tout cela: avions neufs, prestations à bord plus que correctes, hôtesses séduisantes, si l'occasion se représente nous n'hésiterons plus!
Notre premier contact avec les moscovites est cependant tendu:
- le type qui gère les taxis de l'aéroport nous entube direct de 50 euros (pour un trajet qui, nous l'apprendrons au retour, n'en vaut que 15...)
-l'arrivée à notre hôtel en pleine nuit a des airs du film d'horreur HOSTEL (entrée introuvable, passage d'une grille peu avenante, parking sombre, couloir coupe-gorge pour rejoindre la route, entrée de la pension archi-glauque... OUSKON est tombés? Avais-je bu le jour de la réservation?)
Aurais-tu trouvé l'entrée?
La voilà!
Heureusement, dès que nous avons monté un étage, je reconnais la charmante pension que j'avais réservée et notre chambre est parfaite!
- Les ravissantes matrioskas humaines qui déambulent vers la place rouge sont redoutables: elles t'endorment d'un sourire, Cannelle s'extasie sur leur robe, Romu nous glisse entre ses dents "Non, on s'en va", leur comparse masculin déguisé en soldat bolchévique ou en rat de l'opéra de Moscou (j'hésite) prend ma fille dans ses bras et nous voilà ferrés pour une photo. Ca tombe bien, on sort juste du gabier avec nos grosses coupures de 5000 roubles, sur laquelle on leur demande fermement la monnaie. Tu vas me dire, on a tendu le bâton pour se faire battre, certes! Le soldat bolchevique nous rend 3000 roubles (diantre, ça fait quand même 30 euros à notre charge pour quelques photo prises avec mon appareil!!). Les filles, voyant que nous sommes très généreux, se plantent devant nous et attendent 1000 roubles de plus chacune. Et la marmotte, elle emballe le chocolat dans le papier alu? On les plante là, passablement énervés... Si on les recroise et qu'il y en a un qui fait un infarctus, docteur Romuldovitch se chargera de son cas!
Après cette première journée mitigée, nous voilà à présent aguerris, plus personne ne nous approchera, ni soldat, ni poupée russe, ni prestidigitateur, ni Dracula, niet!
Une fois que ce détail est acté, on peut profiter de Moscou et de ses merveilles. Les palais des mille et une nuits ont un succès fou avec Cannelle, qui voit des Sheherazade partout. Faut dire que ça envoie du lourd.
La place rouge est fermée au public. Romu, qui est un puits de culture, nous explique que c'est à cause de la fête de la Révolution Russe. Des tas de militaires défilent donc en cadence, faisant claquer leurs talons au rythme de la fanfare, et même si c'est sensé être une fête, tu vois bien que les mecs, ils plaisantent pas (soldat russe ne doit pas être le job le plus chanmé de la planète).
Romu aussi est émerveillé d'ailleurs, mais pas par les mêmes trucs. A Moscou, on croise des Angelina Jolie à chaque coin de rue. Angiskaya est grande, belle, racée. Elle a un port de reine en toutes circonstances. Là où une personne lambda (disons, moi, par exemple) ressemble à un bibendum avec sa veste de ski, son bonnet "974 la Réunion est dans la place" et ses bottes Quechua, Angiskaya est élégante: fourrure, pantalon de cuir, cuissardes. Efficace. Elle pousse le vice jusqu'à porter des mini jupes par moins 5. Elle ne frissonne même pas. Bref, Angiskaya m'énerve. Si j'ajoute à ça qu'elle est parfois déguisée en poupée russe et qu'elle nous a arnaqués de 30 balles, je ne peux plus la voir en peinture!
Romu, lui, commence à comprendre pourquoi il y a tant de français qui épousent des Russes. Je t'en foutrais, moi!
Dosvidaniyaaaaaaaaaaaaaaaa!