A Moscou, y a plein de trucs de ouf.
Par exemple, nous, les Français, à Paris, on prend le métro parce qu'on n'a pas trop le choix, c'est pas vraiment qu'on kiffe ses couloirs glauques ni ses SDF insistants, mais voilà, c'est pratique, quoi.
A Moscou, nous passons volontairement une journée complète à nous taper toutes les rames. Whhaaaat? te demandes-tu, (ou KAKIYE? si mon post t'a donné envie de devenir bilingue en russe), qu'est-ce que vous êtes allés fabriquer durant toute une journée dans le métro? Vous avez eu une sorte d'hallucination collective, ou bien?
Certes, ça reste un métro, donc calqué sur le principe universel de:
1- Je cherche ma ligne.
2- Je trouve ma ligne.
3- Je monte dans la rame.
4- Je vérifie que je ne me suis pas trompé de sens et je descends au bon endroit.
Sauf qu'à Moscou, ça donne ça:
Je sens que tu commences à penser que je t'ai enfumé en te disant qu'on avait passé volontairement une journée entière dans le métro (en vrai, tu es sûr qu'on s'y est PERDUS une journée entière, pas vrai?)
Tu n'en es pas loin. Les 4 étapes simplissimes détaillées ci-dessus et valables pour toute ville ayant un alphabet normal se compliquent considérablement à Moscou.
1- Je cherche ma ligne. Faut d'abord enfiler ses lunettes, étant donné qu'une presbytie galopante s'empare de nos yeux à la vitesse de la lumière, et que ce foutu plan est écrit en alphabet cyrillique pour nains adolescents ayant la pleine capacité de leur vue. Ensuite, il faut deviner où se trouve notre destination. Deviner, car vu que le plan de la ville n'est pas superposé à celui du métro, on y va au pif. Heureusement, il n'y a qu'une quinzaine de lignes, avec des numéros et des couleurs. Fastoche.
2- Une bonne dizaine de minutes s'écoule avant qu'on trouve la ligne sur le papier. On simplifie en utilisant le code couleur et le numéro, cela nous évite de retenir des noms de malades tels que Serpukhouskaya ou Sevastopolskaya. On n'a pas encore fait le pire: trouver où est cette ligne in the real life. Là, on passe en mode Experts à Miami: tous les indices sont bons à prendre. On n'est pas trop de 5 pour en venir à bout et se retrouver sur le bon quai. Attention, là, c'est piégé:
3- On a le choix entre le quai 1 et le quai 2. La première fois, on fait appel à notre intuition, qui nous plante grave. On fait demi-tour. Il nous faut analyser chaque lettre russe pour à peu près comprendre le système. C'est traitre. En gros, il faut repérer la prochaine station grâce au plan pour nain, et la retrouver dans les listes de chaque quai. Puis vérifier que l'on n'est pas sur une ligne bis (nouveau demi-tour). Cela demande une certaine plasticité cérébrale grâce à laquelle nous retardons à coup sûr Alzheimer. Rien que pour ça, on kiffe. On retient les 4 premières lettres de notre station qu'on prononce à la n'imp et on tente de battre notre record pour la retrouver sur le mur.
(Digression: l'alphabet russe est sournois: le 6 est un B, le r est un G, le N à l'envers est un I, le H est un N, le P est un R, le C est un S, le X est un CH, le bl est un IH, le R à l'envers est un YA... On prononce n'importe comment puisqu'on le fait à la française. Nos conversations sont donc complètement dingues: tu crois qu'on descend à CPACHONPEC MACHIN (au lieu de Krasnopresnenskaya) ou à CMONE TRUC (au lieu de Smolenskaya) ? Avantage: je sais ce que ressentent mes petits élèves qui galèrent avec la lecture. Peace.)
4- Une fois qu'on a vérifié mille fois que nous sommes sur la bonne ligne, il faut descendre au bon arrêt. Pourquoi faire simple, les arrêts ne sont pas notés en gros sur les murs des stations. Nous devons donc faire preuve d'une concentration intense pour compter le nombre de stops effectués, si tu te loupes, tu te loupes. On s'est loupés. Romu a même fait du zèle en confondant le panneau de sortie avec celui d'un arrêt.
Mais pourquoi y sommes-nous restés si longtemps??
Tadaaaaam!
T'as déjà vu, toi, un métro qui ressemble à un musée? Nous, non! Non mais regarde ça, c'est un truc de dingues! On est dans le métro!
Du côté droit, le quai 1, du côté gauche, le quai 2.
Dans le métro de Moscou, il y a aussi un immense escalator: 3 minutes de montée pour près de 130 mètres de sensations!
Même quand tu vas faire pipi tu as l'impression d'être une star, euh! Un Tsar!
Ce qu'on adore aussi à Moscou, c'est la gentillesse des gens. Ils n'ont pas le sourire facile (ce qui se comprend, ils ont les lèvres trop gercées par le froid) mais leur coeur est chaud. Et nous, toute cette sympathie, ça nous réchauffe aussi et ça nous fait oublier le gérant du taxi et les poupées russes qui devaient être des exemples à part.
On a nos petites habitudes, à trois pas de notre pension se trouve notre cantine: OBED BUFFET. C'est branchouille, c'est bon, c'est healthy, et le cuisinier nous a pris sous son aile.
Comme tu l'as compris, Moscou, on kiffe grave, et on y reviendra avec plaisir!
Prochain post, prépare-toi à affronter le froid: on part en Sibérie!
Dosvidanyaaaaaaaaaa!